vendredi 16 octobre 2009
le livre se referme...
...mais reste consultable.
"Octobre" fut l'ultime poème publié dans ces pages.
Merci à tous et toutes d'avoir apprécié (ou non !) ces essaims de mots, ces bancs de rimes.
Désormais, si vous le voulez bien, vous en trouverez d'autres, ici.
A bientôt,
NH
mercredi 14 octobre 2009
octobre
Octobre s’affuble à nouveau
De son manteau de pluie.
Hier encore, il faisait beau.
Ce matin, je m’appuie
Contre cette grisaille
Qui, tout à coup, m’assaille.
Chaque goutte d’automne éclate sur la vitre,
Me parle de soleils mourants,
De saisons s’apprêtant à conter un chapitre
Jalonné d’engourdissements.
Octobre écrit sur la campagne
Son au revoir au vert,
L’estivante a rangé son pagne,
L’hirondelle a ouvert
La route de l’exil,
Jusqu’au lointain avril.
Les dernières couleurs, paradoxalement,
Mettront la nature en chaleur ;
Ambre, orange et vermeil, dans les rameaux au vent,
Chanteront demain d’un seul chœur.
Octobre enfin s’endormira
Dans les draps de novembre.
Mais attendrai-je toujours là,
Au froid de cette chambre,
Le cœur las, courbatu ?
Dis, quand reviendras-tu ?
© Nhand 2009 - Tous droits réservés
samedi 10 octobre 2009
toi qui pars
Toi qui pars dans la brume, au-delà des nuages,
Où ton âme s’en va vers de nouveaux voyages,
Je ne t’oublierai pas,
Je ne t’oublierai pas !
Toi qui pars en laissant une veuve éplorée,
Deux enfants, qui n’auront pas connu ta vieillesse,
Une mère, une sœur, et la vie qui recrée
Sans toi d’autres matins, n’égare pas l’adresse
De mon cœur ; Toi, l’ami,
Si tu n’es plus ici,
Je ne t’oublierai pas,
Je ne t’oublierai pas !
J’aimerais tant savoir le temps qu’il fait là-bas,
T’entendre raconter le pays d’outre-tombe,
Mais hélas, jamais plus tu ne redescendras.
Si tu pouvais au moins suivre la pluie qui tombe…
Toi qui pars en fumée, qui redeviens poussière,
Tu resteras vivant dans notre souvenir.
Je n’irai pas chercher ton ombre au cimetière ;
Ceux qu’on n’aime vraiment ne peuvent pas mourir !
Je parlerai de toi
Tant que je serai moi,
Je ne t’oublierai pas,
Je ne t’oublierai pas !
© Nhand 2009 - Tous droits réservés
vendredi 9 octobre 2009
un rêve
Voulez-vous que je dise où ma main se promène,
Que mes mots d’oublié vous tracent le contour
De l’étoile éclairant mon rêve, à contre-jour,
Et combien je voudrais qu’elle vienne et m’emmène ?
Survolté, tel El Cid pénétrant une arène,
Je marche sur les doigts, je caresse sa cour.
Loin le bruit des verrous, seul résonne un tambour
Qui roule dans mon sang son tempo thermogène.
L’astre majestueux que j’étreins d’un baiser
M’aime, sans retenue, jusqu’à vaporiser,
Sur mon désir offert, la splendeur de son souffle.
L’été grimpe au sommet de notre firmament.
Voulez-vous que je dise où mon feu s’emmitoufle,
Dans quel âtre, quel antre, il glisse doucement ?
Si l’image vous est une vision obscène,
Ne me suivez donc plus, mais faites demi-tour !
Au bout de ce chemin, m’attend le cul-de-four
Au creux duquel se joue l’apogée de la scène ;
Ma fougue s’y raidit, s’arme de molybdène,
Et sans tarder s’atèle au bonheur du labour.
Je prolongerais bien cet exaltant séjour
Au-delà des confins de cette nuit d’ébène,
Je pourrais, dans ce cas, dormir à l’horizon
Sur un petit nuage, et la belle saison
Durerait fièrement tout le temps de ma vie.
Bienheureux l’homme libre au corps non enchaîné,
Qu’il jouisse sans fin, pendant que je l’envie
Du fond de cette cage, où je reste enfermé.
© Nhand 2009 - Tous droits réservés
jeudi 8 octobre 2009
si la lumière...
Si la lumière est au bout du tunnel,
Prometteuse de délivrance,
Porter le poids d’une souffrance
Est un effort qui paraît éternel.
L’on peut rêver, même au conditionnel,
Du matin de la renaissance,
Il faut d’abord obéissance
A la patience, au rythme du tunnel,
Tenir la longueur de la route,
Malgré souvent la voix du doute
Qui parle fort à l’intérieur du cœur,
Ramper, ramer, gardant en tête
Que tôt ou tard viendra la fête ;
Avec le temps, s’éclaircit la noirceur.
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lundi 5 octobre 2009
je n'aime pas la nostalgie
Je n’aime pas la nostalgie,
Les « t’en souviens-tu, c’était bien »,
Les « que la vie était jolie »,
Je n’aime pas la nostalgie,
D’autant qu’elle ne mène à rien !
Le temps d’autrefois est fini !
Ne regarder que sa mémoire,
C’est oublier qu’on a grandi ;
Le temps d’autrefois est fini,
Je suis le cours de mon histoire.
Hors de question que je renie
L’aurore de mon existence ;
Qui se construit dans l’amnésie ?
Hors de question que je renie
L’enfant que je fus, mais j’avance.
Je ne resterai pas ici,
Demain m’ouvre déjà sa porte.
Chaque demi-tour vous aigrit.
Je ne resterai pas ici,
Déguisé en nature morte !
Pleurez donc votre ancienne vie,
Vous, qui n’êtes jamais contents,
Restez dans votre nostalgie !
Pleurez donc votre ancienne vie,
Moi, je veux vivre avec mon temps !
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dimanche 4 octobre 2009
dissonances
Le père :
De ces grappes d’étoiles bleues, lumignons tentateurs de cœurs
Suspendus en juteux fruits murs tout au long du bord de la route,
Croyais-tu pouvoir en tirer de l’amour vrai, goutte après goutte ?
Qu’ont-elles à offrir, sinon… des plaisirs trop brefs et trompeurs ?
Le bon vin, celui qui promet de jamais n’être des feinteurs,
S’extrait-il aussi aisément du premier vignoble qu’on broute
A coups de baisers enfiévrés ? Tu m’en vois sceptique ! Et j’ajoute
Qu’il vaut mieux parfois patienter avant de combler ses ardeurs.
Le fils :
Cependant, n’est-il pas utile, au temps béni de la jeunesse
Qui court plus vite chaque jour sans céder à nulle paresse,
D’apprendre le goût de l’échec pour trouver celui du succès ?
Sois certain que j’aurais aimé ne pas pleurer sur ton épaule !
N’as-tu que des sermons en bouche, ou ne joues-tu là que ton rôle ?
Evidemment, la compassion n’est pas ton rayon, j’oubliais.
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mercredi 23 septembre 2009
papillon
Je suis devenu papillon
Par un beau matin de septembre,
Et n’ai presque plus vu ma chambre
Depuis notre séparation ;
Je m’en vais toujours en mission,
Que le ciel soit gris, bleu, ou d’ambre.
Je suis devenu papillon
Par un beau matin de septembre.
Des corolles à profusion
Savent prendre soin de mon membre,
Mais mon cœur, froid comme décembre,
Reste fragile et sans passion ;
Je suis devenu papillon !
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mardi 22 septembre 2009
fleur de cristal
(Cliquer sur l’image pour l’agrandir)
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vendredi 11 septembre 2009
c'était un mardi
Où donc étais-tu ?
Je t’ai attendu
Tout l’après-midi,
Je ne t’ai pas vu.
Du ciel clair et bleu,
La foudre et le feu,
Soudain, ont jailli.
Sacré nom de Dieu !
Je t’ai attendu,
Tu n’es pas venu.
C’était un mardi.
Où diable étais-tu ?
Des cris s’élevaient,
Des tours s’effondraient,
Ah... Ce jour maudit,
Je m’en souviendrai !
Tu n’es pas venu
Comme convenu.
Pourquoi, mon ami ?
Mais que faisais-tu ?
L’enfer et l’horreur
Brillaient sans pudeur.
Je n’ai plus rien dit
A ton répondeur.
Je sais maintenant
Que pendant ce temps
Tu pleurais aussi,
Devant ton écran.
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jeudi 10 septembre 2009
un jour, peut-être...
Un jour, peut-être, il te remplacera.
Demain, plus tard, quand tu seras moins belle…
Restera-t-il toujours un bon mari ?
Pour le moment, il t’aime, il te dorlote,
T’offre des fleurs, t’emmène à l’opéra…
Chaque matin, l’été se renouvelle.
Il n’est pourtant point de trop sûr abri.
Va, vis, jouis, mais ne sois jamais sotte,
Garde à l’esprit que ta peau flétrira !
Un homme peut devenir infidèle
Quand vient le temps où seul un bistouri
Rajeunirait son épouse en décote.
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jeudi 27 août 2009
la saint-glinglin
Quand mes vingt ans reviendront,
A la saint-glinglin,
Fleurir entre les cailloux de mon jardin
Pas encor mal-en-point,
Je ne dirai plus «non
Sans façon»,
Je t’ouvrirai ma maison,
Mon avenir et mon cœur, bien volontiers.
Quand la neige tombera,
A la saint-glinglin,
De Tamanrasset au Golfe du Bénin,
Où vivront les pingouins,
C’est promis, ce jour-là,
Tu verras,
Je te pendrai à mon bras,
Et nous irons à Las Vegas, nous marier.
Quand la poule aura ses dents,
A la saint-glinglin,
Tu sais, celle qui te pond chaque matin
Ta dose de shampooing,
Ce jour-là seulement,
Pas avant,
Je te ferai un enfant,
Et si tu veux, nous l’appellerons Gauthier.
Mais en attendant, lâche-moi la main,
Petite folle !
Je ne t’aimerai qu’à la saint-glinglin...
Et je tiendrai parole !
© Nhand 2009 - Tous droits réservés
