mercredi 26 novembre 2008
titine
On a promu Titine.
Sa couronne de reine,
Fendue, a grise mine,
Se maintient avec peine,
Là, dessus sa trombine !
Fragile est la victoire ;
Avertissements, notes,
Propos comminatoires,
Ironies, créosotes,
N’iront pas dans l’armoire !
On a promu Titine.
Prions qu’elle parvienne
A remettre en vitrine
Un minimum d’hygiène,
Ou gare à sa trombine !
La guettent au virage
Torpilles et missiles ;
Au moindre dérapage,
Sa victoire fragile
Pourrait faire naufrage !
On a promu Titine.
Sa couronne de reine,
Fendue, a grise mine ;
Ce serait une aubaine
Un peu de seccotine,
Quoique aucune débâcle
Ne se soigne à la colle !
Ceux qui croient aux miracles
A coup de fariboles
Sont privés de pinacle !
© Nhand 2008 - Tous droits réservés
lundi 24 novembre 2008
mademoiselle la rose
Allons enfants de la Rose,
Assassiner l’espérance.
Déjà, des furonculoses
Corrompent avec violence
La peau de Mademoiselle…
Posons les opérations
En falsifiant les données,
Ce n’est pas une élection
Qu’il faut laisser s’envoler !
Ah… la guerre des deux « elles » !
L’une, en habile matrone,
Roule avec les pachydermes.
L’autre, en solaire madone,
Trouva les idoines termes
Pour gagner d’autres fidèles.
Progrès contre vieille école
(Ou peut-être est-ce l’inverse ?),
Quel camp aura l’auréole
Dans cette course perverse ?
On attend, de Lille à Melle,
Tandis que les lieutenants
De ces dames s’invectivent…
Quel spectacle désolant !
La boue n’est pas constructive,
Et dessert Mademoiselle !
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vendredi 21 novembre 2008
les diamants de chaumet
Pluie d’étincelles sur or gris,
Le pouvoir s’habille d’éclairs ;
L’onéreux chef-d’œuvre sourit
Au doigt de la dame de fer…
Non ! Non ! Non ! Pas la Miss Maggie
D’outre-manche, mais la furie
Intronisée Place Vendôme
Peu après le sacre du squale.
La République est un royaume
D’où naît chaque jour un scandale.
La douce France s’ankylose
En ces temps graves et obscurs :
Ses veines manquent de glucose.
Combien faut-il briser de murs
Pour vaincre l’hypoglycémie
Qui gangrène l’économie ?
Alors les diamants de Chaumet,
Pris au Palais du Luxembourg,
Font cette semaine l’objet
De cancans dans toutes les cours.
Si l’objectif du photographe
Saisit à coup sûr le joyau,
On retoucha (dieu quelle gaffe !)
Le résultat, au Figaro…
Gommé, le signe de richesse !
Adieu la bague de princesse !
Pour éviter la controverse,
Protéger la poule bling bling
Qui compte tant de camps adverses,
Tenons le fâcheux loin du ring !
Mais la vérité, souveraine,
N’avait pas dit son dernier mot ;
On vit déborder les fontaines
Et s’irriguer les caniveaux…
Mieux vaut en rire grassement,
Quand bien même c’est affligeant !
Que tout ceci ne nous détourne
Jamais des questions essentielles,
A l’heure où Matignon enfourne
Plusieurs réformes criminelles !
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jeudi 20 novembre 2008
solitaire
Sur l’enclume d’un destin au goût de cire,
Sertie dans le pavé de mes nuits sans lune,
Se glisse ce morceau d’ambre que j’avais jadis égaré,
Au temps où ma bouche tutoyait d’autres rêves,
Le cœur en amande de souvenirs trop gris.
Où sont allées les embrassades prometteuses d’amitié ?
Peut-être à l’embouchure des trépassés de mes étoiles.
Quatre murs me séquestrent au fond d’un aven
Et m’écorchent en horizons des siècles aux battements sanguins.
Au déambulatoire de l’ennui, résonne mon amer soliloque.
Sur la cime de mes arêtes d’obsidienne, je prie
Le zéphyr de porter mon souffle jusqu’aux oreilles du monde,
Alors que cette mélancolie diaprée,
Accordant ses violons au diapason de mes soupirs,
S’approche en poussières écloses
A la manière d’un écornifleur vorace
Comme l’ombre de mes échines hadéennes.
Le ciel s’orangera d’une aube phosphorescente,
Le cœur en archipel s’interpellera de vieux stigmates éméchés
Au rythme d’une valse laborieuse, celle des espérances avortées.
poème co-écrit avec Lunastrelle (PoésieLand) dans le cadre d'un défi en duo d'après le titre Solitaire
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mercredi 19 novembre 2008
l'indéniable évidence
Sept ans à se jouer la même mascarade,
A ménager nos cœurs vidés de sentiments.
Sept ans à s’enchaîner au vent des boniments,
Pour ne jamais nourrir une seule algarade.
Sept ans à embellir d’artifices l’estrade
Qui fut le socle, un temps, de nos engagements.
Sept ans à rechercher dans nos égarements
La chaleur qui manquait à l’eau de notre rade.
L’amour semble parfait tant que ses interprètes
Gardent la vérité dans des caches secrètes.
Mais si parents, amis, ne peuvent se douter
Que nos rires sont faux, que tout n’est qu’apparence,
Cessons de nous mentir ! A quoi bon redouter,
Contourner, refuser, l’indéniable évidence ?
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la poupée polyvalente
On connaissait les russes,
La Bratz, et la gonflable,
Le nourrisson qui suce
Sa tétine, mais diable
Où as-tu déniché
Ta jolie rareté ?
La redoutée vaudou,
La Kachina hopi,
Barbie et ses froufrous…
De New York à Paris,
Aucune n’est pareille
A ta pure merveille !
On se souvient de celle
Qui faisait non non non,
Celle de cire, belle,
Blonde et dotée de son…
Chez toi il en est une
Qui n’est pas très commune.
Que fais-tu la nuit lorsque la lune folâtre avec les étoiles,
A l’heure où tant de solitaires s’en vont naviguer sur la toile
A la recherche de délices inavouables ? Que fais-tu ?
Je t’ai vu
T’enfermer avec une poupée,
Une en résine, robotisée,
Faite pour obéir
A tes moindres désirs ;
Elle balaie, lustre le parquet,
Astique les carreaux sans jamais
Ralentir la cadence
Ni grogner… Quand je pense
Que son autonomie lui permet de jouer les fées du logis
Jusqu’à l’aube ! Et si tu n’oublies pas de recharger ses batteries,
Tu peux profiter d’autres facettes de ses multiples talents,
En laissant
Son corps de tanagra t’enflammer…
Où est en vente cette poupée ?
Beaucoup voudraient l’avoir...
Et moi je veux savoir !
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mardi 18 novembre 2008
faudrait-il... ?
Comme un vilain petit canard,
Le mouton noir de la fratrie,
On me retient dans un placard,
On me refuse une sortie
Pendant que les jumeaux s’amusent
A découvrir d’autres contrées…
Il y a toujours une excuse
Pour me fermer la porte au nez !
Faudrait-il que je me rebelle
Pour que je puisse ouvrir mes ailes ?
Je ne fais jamais ce qu’il faut,
Chacun de mes efforts est vain ;
On me trouve tous les défauts,
On me rabâche ce refrain
Dont les paroles immuables
Révèlent comment mes parents
Considèrent l’irrémédiable :
« Tu n’étais rien qu’un accident ! »
Faudrait-il que je m’indiffère,
Que je continue à me taire ?
Ma mère aurait bien eu recours
A l’avortement si mon père
N’avait pas tenu ce discours :
« C’est peut-être là notre Claire,
Que la nature nous envoie… »
Hélas ! Je ne suis pas né fille.
Je suis venu en rabat-joie,
Dûment flanqué d’une cédille !
Faudrait-il que je me transforme
Pour apparaître plus conforme ?
Si seulement j’étais moins laid,
Moins roux, moins chétif, moins falot,
Je pourrais franchement, c’est vrai,
Leur soutirer quelques bravos ;
Ils n’auraient pas honte de moi
Comme d’une tache qu’on cache.
Je ne pleurerais que parfois.
J’avancerais avec panache.
Faudrait-il que je me rebelle ?
Est-il temps d'affranchir mes ailes ?
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lundi 17 novembre 2008
une chanson
Une chanson court sur la bande de ma mémoire,
Un clip remonté des oubliettes…
Des images perdues, que je retrouve ;
Toutes ces couleurs, autrefois superfétatoires,
Ne sont plus seulement des paillettes.
Comprendrais-tu ce que mon cœur éprouve ?
Le ciel rutilait, il s’est un peu couvert depuis !
Comment ai-je pu perdre mon temps
A vouloir que la vie soit différente ?
Ma bouche insolente faisait beaucoup trop de bruit ;
Dieu qu’on est revêche à dix-sept ans,
Qu’on ne profite pas, qu’on se lamente !
J’avais un amour, je l’ai noyé dans mes soupirs
A grands coups de « tu t’en remettras »,
Il ne m’en reste plus qu’une musique…
Une chanson bleue vient rallumer des souvenirs ;
A l’époque, je ne l’aimais pas !
Elle me rend pourtant mélancolique.
© Nhand 2008 - Tous droits réservés