lundi 26 janvier 2009
est-il mort ?
Est-il mort,
L’hiver ?
Pas encore…
Pas encore…
Il reste des traces de verglas,
Et les six lettres du mot frimas
Volent dans les airs ; N’entends-tu pas
Ce bruissement, ce murmure ?
C’est la voix de la froidure
Qui chante, entre les ramures,
Sa lente et hiémale ritournelle.
Est-il mort,
Le gris ?
Pas encore…
Pas encore…
L’hiver n’a pas fini de le ceindre
De son ombre, il continue d’étreindre
La ligne du ciel. Ecoute geindre
Dans son tube le mercure,
Quand la voix de la froidure,
Somme la température
De ne pas grimper sur les échelles !
Est-il mort,
Mon mal ?
Pas encore…
Pas encore…
Le gris n’a pas quitté les colonnes
Du journal de mon cœur, il stationne
Durablement. D’ailleurs, je m’étonne
De vivre avec ses morsures,
De respirer la froidure,
Un peu comme la nature
Qui s’attend à des saisons plus belles.
© Nhand 2009 - Tous droits réservés
mardi 20 janvier 2009
naissance sans préavis
Une vie s’est ébauchée,
A mûri sans prendre place,
Sans distendre sous ton sein
L’enveloppe du cocon.
Il est temps de délivrer
Le fruit de sa carapace,
Qu’il descende entre tes reins ;
Expulse ton rejeton,
Il demande à respirer,
Ne le fais pas patienter !
Bien sûr, ces neufs mois passés
Dans la plus grande ignorance
Tordent tes traits de stupeur ;
Tu ne l’as pas attendu,
Voici le bout de son nez
Qui réclame sa naissance !
La cause de tes douleurs
Se nomme « malentendu »…
Est-ce un coup du saint-esprit ?
L’on te parle de déni…
D’où vient ce trouble psychique
Qui a contraint ton cerveau
A ne pas te prévenir
Que ta poche était gravide ?
Heureusement tu t’appliques
A regarder au berceau
Sans penser à recourir
A un néonaticide.
Tu ne mettras pas son cœur
Au fond d’un congélateur...
Il faut être préparé
A chérir un futur-né,
Suivre un chemin, jusqu'au jour
Où chanteront les tambours,
Alors,
Face à celles qui n’ont su
Apprivoiser l’imprévu,
Et qui ont commis le pire,
Comment doit-on se conduire ?
© Nhand 2009 - Tous droits réservés
lundi 12 janvier 2009
nouvelle année
Nouvel An naît de sous les cendres
Dont feu Décembre s’est coiffé,
Tandis que Neige fait descendre
Sur les toits sa poudre étoilée.
Bulles, musique, et cotillons,
Tournent des toupies dans les têtes,
Puis, les bonnes résolutions
Passeront comme des comètes…
A quoi bon s’encombrer de mots,
Puisque Jeunesse est éphémère ?
Croquons, croquons jusqu’au noyau
Le fruit, même s’il est amer !
Tirons les rois de leurs galettes,
Avant que le temps des cerises
Ne quitte les catherinettes
Restées loin des serments d’église !
Nouvelle année… Nouveau départ ?
Faut-il attendre Saint-Sylvestre
Pour se lever de son brancard
Et reprendre place en l’orchestre ?
© Nhand 2009 - Tous droits réservés