D'essaims de mots en bancs de rimes...

par Ny-Haja Andrianaly.

mercredi 11 mars 2009

les malheureux

 
 

Voici, des stries lumineuses

Instantanées

Zèbrent la peau de l’éther :

Larmes de feu.

Quand les étoiles furieuses

Sont déguisées

En rais d’argent sur la mer,

Sauve-qui-peut !

Quand ces maudites pleureuses

Brouillent l’été,

La vallée sous les éclairs

Formule un vœu :

Que la tourmente impérieuse

Aille donner

Au Sahara son concert

Torrentueux !

Peine perdue, la ruineuse

S’est approchée !

La campagne est en enfer,

Il pleut… Il pleut…

La rivière massacreuse

Vient étrangler

Les vies sous son manteau pers,

Froid, et fangeux.

Où vogue l’arche glorieuse ?

Noé ! Noé !

Tu as oublié tes pairs,

Les malheureux !

 

 

 

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jeudi 5 mars 2009

je n'aime pas les roses

 
 

Je n’aime pas les roses,

Pimbêches aux frous-frous affriolants,

Aux pétales qui osent

Vous sortir le grand jeu, et quand

Tout votre être succombe,

L’emballement retombe

Bien vite, écorché par deux, trois épines ;

Je n’aime pas les fleurs qui assassinent !

 

 

Parlez-moi donc plutôt

Des coquelicots au rouge sauvage,

Qui vous oublient trop tôt,

S’effeuillent aux vents de passage,

Mais qui jamais ne font

De promesses bidons,

Parfumées pour mieux causer la narcose ;

Je vous le dis, je n’aime pas les roses !

 

 

 

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mercredi 4 mars 2009

les gagnants et les perdants

 
 

Largués par une bétaillère

Sur le tarmac d’un bout de terre,

Sous le soleil exactement

(De préférence !),

Ils n'ont qu'une chose à l'esprit :

Fainéanter au paradis...

Palmiers, lagon, et sable blanc,

Pour les vacances,

Sont leur destination finale.

Les décors de cartes postales

Fonctionnent comme des aimants,

A l’évidence !

 

 

Bedonnants, fripés, musclés, secs,

Minets, boutonneux, statues grecques,

Velus, déplumés, laideronnes,

Jolies sirènes…

On inventorie tous les styles

Dans cette faune d’héliophiles !

Au pied des vagues qui ronronnent,

Plus rien ne freine

Cette paresse occidentale

Narguant de façon magistrale

Les frustrations que collectionnent

Les indigènes,

 

 

Ceux-là qui suent toute l’année

Au service de l’étranger.

Ceux-là qui ne pourront pourtant

Jamais s’offrir

Une place à bord d’un charter,

Pour l’autre côté de la mer,

Je le crains, pour encor longtemps,

Devront subir

L’arrogance ou l’indifférence

De ces touristes qui ne pensent

Qu’à se dorer nonchalamment,

Sans en rougir.

 

 

L’enfant du pays doit surtout

S’arrêter devant les verrous

Qui lui interdisent d’aller

Prendre plaisir

Parmi la foule d’héliophiles

Venus s’accaparer son île.

Combien donc de plages privées

Ont dû fleurir

Sur l’ensemble du littoral ?

Tout cela est-il bien moral ?

Omar me répond, dépité,

Par un soupir…

 

 

 

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lundi 2 mars 2009

on dit que la fête...

 
 

On dit que la fête est plus folle

Relevée de quelques degrés.

En ville, on vénère une idole,

Sitôt la lune relâchée ;

 

 

Ce dieu des orgies souterraines,

Cet arroseur impénitent,

C’est Dionysos, qui entre en scène

Pour le bonheur de ses enfants.

 

 

Il a soudoyé les ondines,

Les a délogées des rivières,

Privées de sources cristallines…

Désormais, le vin et la bière

 

 

Ruissellent de leurs boucles d’or

Jusqu’aux tétons de leurs seins nus.

On y vient nombreux, et l’on mord

A l’hameçon, gais et goulus.

 

 

Mort à l’H2O des mauviettes !

A moins qu’elle ne soit de glace,

En cubes dans la marquisette,

Ou qu’elle vienne prendre place

 

 

Entre les chaudes molécules

D’un Ricard gorgé de soleil !

On veut du feu qui chauffe et brûle,

Mais gare à l’éternel sommeil !

 

 

Ah… si chaque samedi soir

Avait pour reine Miss Badoit…

On bouderait les abreuvoirs !

Bien des noceurs resteraient cois !

 

 

Sauf que les dimanches matins

Verraient moins de routes souillées

Par le sang de pauvres pantins

Qui se sont laissé abuser !

 

 

 

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