D'essaims de mots en bancs de rimes...

par Ny-Haja Andrianaly.

vendredi 22 mai 2009

parachute doré

 

Tu me promus gérant de ton cœur,

A la belle étoile, une nuit d’août.

Je te demandai : « n’as-tu pas peur

Que je le prenne pour un makrout ? »

Tu me dis :

« Non, non, non, mon chéri,

Dévore-le tout cru, sur le champ !

Oui, oui, oui, mon chéri,

Tu seras mon roi si tu le prends !

 

 

Comme j’adore les sucreries,

Celles qui fondent entre les dents,

Je pensai : tant pis pour les caries,

Tout se soigne si c’est pris à temps !

Tu me dis :

« Oui, oui, oui, mon chéri,

Montre-moi tes talents, sans tarder…

Non, non, non, mon chéri,

Promis, je te laisse décider !

 

 

Mais j’apparus médiocre en affaires ;

Le trou dans la caisse de ton cœur

Devint plus large qu’un estuaire

A la fin décembre, et tu pris peur.

Tu me dis :

« Non, non, non, mon chéri,

Ne traine plus au lit des putains !

Oui, oui, oui, mon chéri,

J’oublie, je te pardonne, à demain ! »

 

 

Puis un beau jour, pensant me châtier,

Tu n’allas pas par quatre chemins

Pour tout bonnement me licencier.

Au moment de te lâcher la main,

Je te dis :

« Puisque tout est fini,

Ce soir, je sortirai m’amuser.

A moi l’air de Paris ! »

Et je m’éclipsai l’esprit léger,

Sans un remord, sans rien regretter,

Armé d’un parachute doré

A l’or de ce que je t’ai volé…

 

 

 

 

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jeudi 21 mai 2009

solo nocturne

   

Soliloquant, maudissant tous les saints,

Ce soir je suis seul, encore…

Frappera-t-on à ma porte demain ?

Que je monte ou non le store,

 

 

Qui viendra ?

Qui voudra

S’intéresser à un cœur

Sans voile, un cœur en dérive ?

Qui voudra ?

Qui saura

Me peindre un ciel en couleur,

Et des lendemains qui vivent ?

 

 

Soliloquant, crachant de l’amertume

A la face des chimères

Suspendues à mon plafond noir de brume,

Je me sens six pieds sous terre…

 

 

Qui viendra ?

Qui voudra

Se réchauffer contre un corps

Perdu, un corps en détresse ?

Qui voudra ?

Qui saura

Me ramener vers son port,

Et me couvrir de promesses ?

 

 

Soliloquant, tutoyant les échos

De ma voix dans le silence,

Je tourne en rond, me vautre avec brio

Dans le lit de mon errance.

 

 

 

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mercredi 20 mai 2009

couvre-feu

   

La dame aux mille yeux qui scintillent

De sa robe noire est vêtue.

L’astre orange est à ses chevilles

Une petite chose nue

Et sans défense.

Point de clémence,

Pour celui qui l’avait chassée

Vers l’autre bout de l’horizon !

  Revenue ce soir se venger, 

Elle écrase sous son talon

Ce concurrent

Plutôt gênant.

 

 

Hypnos, qu’elle aime, sous ses ordres,

Fait respecter le couvre-feu,

Allant, par monts et par vaux, mordre

Tout ce qui doit dormir un peu.

Et, lentement,

Le venin prend ;

La plupart des êtres vivants

Sont renvoyés dans les coulisses…

Voici que sonne enfin le temps,

Pour Madame et son doux complice,

Des voluptés

Acidulées.

 

 

Sans couvre-feu, ils n’auraient guère

Suffisamment d’intimité.

C’est ainsi que, de par-la terre,

Nous sommes nombreux à rêver

Quand Hélios meurt

Pour quelques heures.

 

 

 

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