mardi 21 avril 2009
est-ce demander la lune ?
Et la langue pendue aux reflets des mirages,
Je marche encore en quête d’un peu de douceur,
Avec un mince espoir pour unique bagage.
Le désert a des airs de monstre naufrageur
Prêt à m’ensevelir dans son ventre de dunes.
Où sont les oasis ? Quand pleuvra-t-il des cœurs ?
S’attendre à l’amour, est-ce demander la lune ?
J’ai soif, mais nul n’entend les échos de ma voix,
L’or du jour se contente, depuis sa tribune,
De me brûler les yeux, les voici aux abois ;
Ma peine ne peut plus boire à leurs puits de larmes,
Ceux-ci se sont taris – J’ai pleuré tant de fois.
Tout est sec et aride ! A quand donc le vacarme
D’un tonnant coup de foudre illuminé d’éclairs ?
Je rêve qu’un déluge braque enfin ses armes
Sur cette canicule au goût âpre et amer,
Que s’abattent des trombes d’eau désaltérantes,
Et je pourrai enfin remonter des enfers,
Embrasser l’herbe d’une prairie flamboyante !
© Nhand 2009 - Tous droits réservés
jeudi 20 novembre 2008
solitaire
Sur l’enclume d’un destin au goût de cire,
Sertie dans le pavé de mes nuits sans lune,
Se glisse ce morceau d’ambre que j’avais jadis égaré,
Au temps où ma bouche tutoyait d’autres rêves,
Le cœur en amande de souvenirs trop gris.
Où sont allées les embrassades prometteuses d’amitié ?
Peut-être à l’embouchure des trépassés de mes étoiles.
Quatre murs me séquestrent au fond d’un aven
Et m’écorchent en horizons des siècles aux battements sanguins.
Au déambulatoire de l’ennui, résonne mon amer soliloque.
Sur la cime de mes arêtes d’obsidienne, je prie
Le zéphyr de porter mon souffle jusqu’aux oreilles du monde,
Alors que cette mélancolie diaprée,
Accordant ses violons au diapason de mes soupirs,
S’approche en poussières écloses
A la manière d’un écornifleur vorace
Comme l’ombre de mes échines hadéennes.
Le ciel s’orangera d’une aube phosphorescente,
Le cœur en archipel s’interpellera de vieux stigmates éméchés
Au rythme d’une valse laborieuse, celle des espérances avortées.
poème co-écrit avec Lunastrelle (PoésieLand) dans le cadre d'un défi en duo d'après le titre Solitaire
© Nhandlunastrelle 2008 - Tous droits réservés
mercredi 19 novembre 2008
la poupée polyvalente
On connaissait les russes,
La Bratz, et la gonflable,
Le nourrisson qui suce
Sa tétine, mais diable
Où as-tu déniché
Ta jolie rareté ?
La redoutée vaudou,
La Kachina hopi,
Barbie et ses froufrous…
De New York à Paris,
Aucune n’est pareille
A ta pure merveille !
On se souvient de celle
Qui faisait non non non,
Celle de cire, belle,
Blonde et dotée de son…
Chez toi il en est une
Qui n’est pas très commune.
Que fais-tu la nuit lorsque la lune folâtre avec les étoiles,
A l’heure où tant de solitaires s’en vont naviguer sur la toile
A la recherche de délices inavouables ? Que fais-tu ?
Je t’ai vu
T’enfermer avec une poupée,
Une en résine, robotisée,
Faite pour obéir
A tes moindres désirs ;
Elle balaie, lustre le parquet,
Astique les carreaux sans jamais
Ralentir la cadence
Ni grogner… Quand je pense
Que son autonomie lui permet de jouer les fées du logis
Jusqu’à l’aube ! Et si tu n’oublies pas de recharger ses batteries,
Tu peux profiter d’autres facettes de ses multiples talents,
En laissant
Son corps de tanagra t’enflammer…
Où est en vente cette poupée ?
Beaucoup voudraient l’avoir...
Et moi je veux savoir !
© Nhand 2008 - Tous droits réservés