samedi 13 juin 2009
le corbillard
Le corbillard, tranquillement,
Roule son ombre à travers champs,
Menant, comme à l’accoutumée,
Le cortège des endeuillés.
Zita, la presque centenaire,
Etait l’une des pensionnaires
De la Résidence des Pins.
Son souffle à jamais s’est éteint.
En ce beau jeudi estival,
C’est pour son village natal
Qu’elle prend l’aller sans retour,
Rentrant auprès de son amour.
Le corbillard, tout doucement,
Pénètre enfin dans le Royans,
Quand une panne inexpliquée
L’oblige à s’immobiliser.
D’où provient donc cette avarie,
Il n’est aucune anomalie !
L’un des petit-fils de Zita
Au bout d’une heure lancera :
« Elle aimait tellement l’été
Qu’elle a voulu, avant d’aller
Sous terre où il fait toujours froid,
S’en nourrir une ultime fois… »
Ces mots à peine prononcés
Que nous pourrons continuer
La route, avec le corbillard,
Sous un ciel devenu blafard…
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